• L’Etat et ses Tartuffe

    by  • 24 janvier 2013 • Dans le kolkhoze • 1 Comment

    Nicolas Demorand persiste et signe. En croisade contre les antipatriotes qui ont l’outrecuidance d’optimiser, selon l’expression consacrée, leurs impôts. La gauche fut mondialiste, elle ne l’est plus. Après tout, nous pourrions nous réjouir que nos plus riches concitoyens aillent alimenter les caisses des nations voisines, dont les ressortissants sont aussi ces citoyens du monde dont il convenait tant, il y a peu, de se targuer d’appartenir.

    Las. Le chacun pour soi prédomine. Et si l’on ne tire plus à balles réelles sur les gueux qui fuient les régimes démocratiques et populaires, on affûte la plume comme une flèche. Dernier condamné ? Bernard Arnault, qui a le toupet d’avoir bâti un empire sur l’art de vivre à la française, et de ne pas accepter toutes les contraintes  - qui sont aussi des chances, bien entendu – de la culture française.

    Oui, les chances pour la France, ce sont aussi ses services publics, ses caisses de solidarité et d’assurance, ses routes, ses fonctionnaires, sa presse subventionnée, sa culture sans équivalent. Peu importe que tous ces systèmes soient déficitaires. L’intention est louable, et surtout non négociable. Remettre en cause leur gestion c’est remettre en cause les valeurs qui les fondent. Tu aimes la France, son vin, son luxe, sa gastronomie, son patrimoine ? Il n’y a pas à discuter, tu dois prendre le reste.

    En prenant la poudre d’escampette, « Bernard Arnault prend le risque d’alimenter le soupçon, de nuire à l’image de ses marques et de fragiliser l’ensemble des employés qui les font vivre. », selon Demorand. Qui, curieusement, ne demande pas une seule seconde à l’Etat d’appliquer ce qu’il réclame du contribuable. Transparence sur les comptes publics ? Élaboration des budgets sur des prévisions de croissance qui ne font pas pleurer ou rire l’ensemble des économistes ? Egalité réelle de statut entre privé et public ?

    Et si nos têtes pensantes demandaient à l’Etat et, surtout, à nos politiques de cesser de prendre le risque permanent d’alimenter le soupçon, nuire à l’image du pays et fragiliser l’ensemble des citoyens qui les font vivre ? Autrement dit, cesser de faire « l’impasse sur la nécessité d’exemplarité et de transparence des élites économiques, particulièrement par temps de crise. »

    Pourquoi, dans un pays si centralisé et où tout semble devoir passer par l’Etat, avec l’Etat et en l’Etat, un citoyen quel qu’il soit devrait-il être plus exemplaire que cette nouvelle divinité qui prétend pourtant désormais, par la voix de son inquiétant ministre de l’éducation, d’édicter et d’enseigner la morale commune ?

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    avait tout pour devenir un authentique réactionnaire : il n’aime pas beaucoup son époque, craint les dictatures modernes, celles de l’argent, du peuple, de l’opinion et du progrès. Seulement Henry le Barde est catholique. Il pense donc qu’il est de son devoir de chrétien de contribuer à l’avènement d’un monde meilleur, libérateur et respectueux de la création du 6e jour : l’homme. Il regrette que le beau mot de libéralisme soit cantonné par ses thuriféraires comme par ses contempteurs aux baisses d’impôt, à la course éternelle au profit sans limite et à une construction européenne privée de ses racines. Il préfère, avec (et surtout après) Bernanos, s’interroger : « La liberté, pour quoi faire ? »

    One Response to L’Etat et ses Tartuffe

    1. 24 janvier 2013 at 14 h 17 min

      Nous sommes toujours universalistes ! Evidemment ! Simplement à défaut d’exporter notre civilisation, nos valeursquelemondeentiernousenvie et notre Rafale, nous pensons pouvoir garder tout le monde entre nos frontières : les riches (que nous accueillons généreusement) comme les pauvres (que nous aimerions tant garder)…

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