• Much Ado About Nothing

    by  • 12 novembre 2012 • La France contre les robots • 11 Comments

    Comme souvent, il suffit que quelqu’un passe aux aveux pour que les autres s’y mettent. Ou prennent conscience de quelque sentiment diffus, inexprimé, latent. Ainsi, la fatigue des réseaux sociaux touche même des catholiques. Certains, lassés des débats en cours, d’autres, usés par ce qu’ils perçoivent comme une dépendance croissante.

    Comme tout ce petit monde, j’ai mes phases. Personnellement, j’ai commencé à ressentir la fatigue des débats sur le Net dès l’affaire du Golgotha picnic. Mais, même en dépit de ces ras-le-bol, on retweete, on like, on partage à propos du Débat. Histoire d’exister, peut-être. De montrer que « Oui, oui, je suis avec vous sur ce coup. » Ça n’engage à rien. Parfois même, je blogue dessus, malgré mes résolutions de parler d’autre chose. Mais, surtout, je débats sur le débat. Mais ne finis-je pas par m’attacher moins à la « cause » qu’à sa défense ? Tels certains chevaliers du XIe siècle partant délivrer le tombeau du Christ, n’y a-t-il pas parfois un fallacieux prétexte pour assouvir son désir de guerre ?

    J’en viens à regretter – qu’en pensent les blogueurs historiques ? – l’époque où les réseaux sociaux n’avaient pas supplanté les blogs. Non que les blogs soient morts, mais combien de billets mort-nés par la flemme de dépasser les 140 caractères ? L’alternative semble désormais se situer entre billets fleuves et tweets lapidaires.

    Dernière remarque, qui n’engagera que moi : les réseaux sociaux ne me sont jamais aussi peu nécessaires que lorsque je suis occupé par quelque chose d’ambitieux. Par ambitieux, j’entends occupation intellectuelle, vie familiale, engagement associatif, etc.1 Pourquoi l’activité sur les réseaux double-t-elle généralement au travail ? C’est une question que les entreprises pourraient se poser, par exemple. Pourquoi a-t-on substitué (ou ajouté) Facebook et Twitter au film du dimanche soir ? C’est une question que les conjoints pourraient soulever, également.

    Alors, à chacun d’en tirer les conclusions quant à sa vie familiale, professionnelle et, le cas échéant, plus largement chrétienne. Si, grâce à Dieu, la première dimension se porte bien chez moi, j’ai des réponses à trouver sur la deuxième.

    Je ne vais donc pas quitter Facebook, ni déserter Twitter2, ni même installer un patch technique3. Juste m’attacher à trouver un peu de sens dans ma vie professionnelle. Ici ou ailleurs…

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    1. La preuve : qui ose encore tweeter pendant une rencontre FASM ? []
    2. Même si je vais désormais fonctionner avec une short-list privée []
    3. Ironie du sort, je n’aurais de toute façon même pas les droits pour l’installer sur mon PC de boulot ! []

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    avait tout pour devenir un authentique réactionnaire : il n’aime pas beaucoup son époque, craint les dictatures modernes, celles de l’argent, du peuple, de l’opinion et du progrès. Seulement Henry le Barde est catholique. Il pense donc qu’il est de son devoir de chrétien de contribuer à l’avènement d’un monde meilleur, libérateur et respectueux de la création du 6e jour : l’homme. Il regrette que le beau mot de libéralisme soit cantonné par ses thuriféraires comme par ses contempteurs aux baisses d’impôt, à la course éternelle au profit sans limite et à une construction européenne privée de ses racines. Il préfère, avec (et surtout après) Bernanos, s’interroger : « La liberté, pour quoi faire ? »

    11 Responses to Much Ado About Nothing

    1. 12 novembre 2012 at 13 h 42 min

      Finalement, il est récurrent oui ce débat sur les réseaux: dépendance, influence, distance. En tant qu’enseignante, cela fait longtemps que nous en parlons aux jeunes; en tant qu’adulte, je l’expérimente aussi. Vous le reposez amis blogueurs et twittos aujourd’hui suite au billet de David. Il reviendra à nouveau ce sujet. Il me fait penser à deux choses très différentes. La première, c’est comment la réflexion entamée sur la communication pour la nouvelle évangélisation va trouver un écho favorable parmi ces nouveaux moyens: Twitter, FB, blogs… La deuxième est toute autre. Je repense à des lectures de lettres de Voltaire ou de quelques uns de ses amis philosophes qui s’étonnaient de l’importance « exagérée » que pouvaient prendre les débats dans les salons ou dans quelques échanges de lettres ou gazettes. « Je m’étonne de ne plus observer la vie que par les échos de ces salons. Il faut qu’à nouveau je sorte dehors »…

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    2. KOz
      12 novembre 2012 at 14 h 56 min

      Je crois surtout Corine, que nous assistons à une remarquable concomitance entre David, Joël, Henry et moi.

      Henry, je ne suis pas persuadé d’être touché par le « désir de guerre » que tu vises (sans me viser) mais je comprendre l’idée.

      Je suis également d’accord avec toi sur le temps des blogs. Ouais, c’était mieux avant ;-) J’en viens presque à regretter le temps des agrégateurs. En effet, combien de billets se sont abîmés en un unique tweet ? Pourtant l’essentiel est bien là, dans ces billets où nous avons le temps et l’occasion de développer notre propos, de le nuancer et parfois même de nous apercevoir que notre opinion finale est loin de celle que l’on avait lorsque l’on a vu l’info. Fr. Eric Salobir o.p (ça pète, hein ?) le soulignait dans son intervention : quel est le temps de l’intériorité lorsque l’on est toujours dans l’interactivité ? Et cette intériorité, ce n’est pas seulement le temps de la prière, mais aussi celui de la réflexion et de la maturation.

      Je ne suis pas adepte de la solution radicale. Après tout, l’interactivité a du bon. Et il n’est pas inutile d’être présent sur les réseaux. Mais, à côté des réels intérêts, quand je relève ce que ça coûte en fatigue nerveuse et déconcentration (en plus du temps de l’intériorité cité plus haut), je teste le fait de prendre un peu le large. Je ne voudrais pas que ça finisse par me coûter davantage.

      Après, je crois que nous sommes tous dotés d’histoires et de tempéraments différents. Alors, entre l’école Sprungienne et l’école Bardique, à chacun de fixer son curseur.

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    3. 12 novembre 2012 at 15 h 27 min

      Deux remarques un peu hors-sujet comme on ne les aime pas en commentaire:
      1. On voudrait bien tweeter pendant la FASM mais on n’a pas de réseau.
      2. Les réseaux sociaux sur les Internets ont ceci de bien qu’ils permettent de s’en affranchir et de rencontrer de vrais gens IRL dont des réseaux plus classiques (ta paroisse, tes amis) ne t’auraient jamais permis la rencontre. Les réseaux sociaux ne sont qu’un outil.
      Voili, voilou, je suis repartie.

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    4. 12 novembre 2012 at 15 h 34 min

      Corine,

      Citation de Voltaire très à propos ! Comme quoi, la question qui se pose n’est ni neuve et ni seulement liée à une question des réseaux…

      KOz:
      Henry, je ne suis pas persuadé d’être touché par le « désir de guerre » que tu vises (sans me viser) mais je comprendre l’idée.

      Je te rassure, je ne suis pas non plus la bave aux lèvres derrière l’écran ! Parfois cependant, le goût du débat l’emporte (chez moi) sur d’autres choses, comme le témoignage, etc. C’est parfois fécond (ce le fut entre Charles Vaugirard et moi), mais parfois probablement contre-productif.

      KOz:
      Et il n’est pas inutile d’être présent sur les réseaux. (…) Je ne suis pas adepte de la solution radicale.

      Ce serait un comble de partir après avoir rencontré les évêques à ce sujet et dommage après une FASM aussi peuplée ;) Je pense que la concomitance entre nous 4 (et d’autres, à n’en point douter) traduit un sentiment partagé, mais que chacun gère effectivement en fonction de sa vie, ses contraintes, ses faiblesses et réactions face aux addictions, etc. Ce sera intéressant d’étudier ça dans la durée…

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    5. 12 novembre 2012 at 15 h 46 min

      Doudette,
      Concernant la 3G ou le wifi, il faut en parler à fr. Eric Salobir o.p., aka notre Sérénissime Hauteur. Mais on peut aussi considérer qu’une rencontre IRL de twittos peut être l’occasion de ne plus twitter pendant quelques heures ;)

      Concernant ta deuxième remarque, il faut juste veiller à ce que l’outil reste à la place qui doit être la sienne. C’est une question de dosage…

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    6. 12 novembre 2012 at 16 h 30 min

      En ce qui me concerne, la solution n’est pas si radicale que ça : je supprime Facebook, et je reste sur Twitter. Justement dans une logique microblogging. Et puis avec une petite voix qui me dit que j’ai encore des choses à faire sur Twitter. Mais sur Facebook, comme je l’ai expliqué, j’avais déjà un très mauvais ressenti de la moralité de l’entreprise… je coupe la poire en deux. Ca me permet de libérer un peu mon esprit et d’avoir moins l’impression d’être dans un réseau monomaniaque, parce que ce réseau monomaniaque ne m’atteint désormais plus que par une seule source. Je me sens moins dans cet « entre-soi » en n’ayant plus qu’une source de réseau social.

      Tu vois Henry, tu m’a devancé, j’étais pris une grosse partie de la journée, mais j’ai eu envie de réagir au billet de David que j’ai découvert ce matin (la concordance de mon dernier avec celui de David étant purement fortuite). Pour dire aussi qu’il y a une question d’hygiène mentale dans tout ça, qui n’est pas seulement liée à cette opposition virtuel/réel, pour laquelle je rejoindrais volontiers ce que dit Doudette : tout cela est un outil, un peu de mesure et c’est bon. Non, l’hygiène mentale porte aussi sur le caractère sectaire des communautés auxquelles on appartient. Comme le dit David, avec cette histoire du mariage homo, par exemple, si tu passes un peu de temps dans des réseaux comme le mien, tu as l’impression qu’il ne se passe que ça dans le monde.

      En fait, il y a vite un gros danger de « pensée unique ». On dira sans doute qu’il suffit de s’abonner à des sources diversifiées, mais honnêtement, si c’était si simple. Parce qu’on a quand même une petite préférence, pour s’intéresser plus à ceux qui nous ressemblent, naturellement. Enfin bref.

      Et puis enfin, il y a aussi ce que relève David, du problème du dialogue, et sur lequel j’ai tendance à renchérir : pour moi on s’acharne beaucoup sur des symptômes sans aller en profondeur plus qu’on ne va dans le dialogue (d’ailleurs si on était dans le dialogue on serait naturellement plus en profondeur, et vice versa), et on a une fâcheuse tendance à aller beaucoup plus dans le sens du vent qu’on ne le croit. Parce que si on fait bien l’effort d’avoir des idées cohérentes avec notre foi, et qui se démarquent de la pensée dominante, on garde une manière d’être au monde et de témoigner qui n’est guère différente du style de vie dominant. Alors quand on se dit qu’être dans le vent c’est l’ambition des feuilles mortes, il me semble qu’il nous faut bien regarder tous les travers du monde dans lequel ce vent nous emporte malgré nous, et vérifier à chaque instant, dans notre manière d’agir, notre témoignage, si nous sommes bien encore attachés à la vigne.

      Bon voilà, en vrac. Ça m’évitera un autre billet, tiens. ;) A+

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    7. 12 novembre 2012 at 16 h 38 min

      Tiens j’ajoute un truc, sur cette histoire de bruit #mariagepourtous. Je suis allé à une des manifs d’alliance vita. J’ai enfilé le tee-shirt, pris la pancarte éventail, et j’ai participé à la sènette. Je ne sais pas ce que ressentent les autres, je n’avais pas fait ça depuis le lycée, mais quel malaise au moment de répéter le slogan en boucle. Cette impression d’être un automate, une machine, un bruit… rhaaa, j’ai horreur de ça. Et puis un autre détail anecdotique. Le temps que tout se mette en place, les gens se retrouvent, certains se connaissent, c’est bon enfant, sympathique, on discute un peu le bout de gras. Je n’étais pas arrivé depuis 5mn que, je ne sais pas pourquoi, j’entends que ça discute de comment on tape toujours sur l’Eglise, et qu’on ferait sans doute pas ça avec les musulmans, etc blablabla… en gros j’ai éteint mon ordi, je suis sorti de chez moi, j’ai fait 60 km pour aller à une manif histoire d’avoir bonne conscience en faisant ce que je pensais être mon devoir (soyons honnête, tout de même) pour me retrouver sur une place avec les mêmes gazouillis que sur Twitter et Facebook. Reproduction à l’identique, avec tout ce que ça comporte d’inapproprié. Non parce que franchement, après, engager des discussions sur la montée de l’Islam en France dans une manif contre le mariage gay, ça m’a mis un tout petit peu mal à l’aise, hein. Au fond, je crois que j’espérais que ça n’arriverait pas. Voilà, fin de l’anecdote sur « l’entre-soi » du militantisme catholique de tribord, qui me fatigue un peu et que je fuis depuis la fin des élections.

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    8. Amie5978
      12 novembre 2012 at 16 h 56 min

      Pneumatis,

      Ah la la…perso, j’ai fait 20 km pour y aller (à Trappes…!), j’ai trouvé ça un peu limite sur le plan théatral mais j’ai rencontré fortuitement 2 personnes fort intéressantes avec lesquelles je suis en lien maintenant….Je n’ai pas du tout perdu mon temps en fait….
      Bon courage pour le sevrage, cher Pneumatis !

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    9. Gbat12
      12 novembre 2012 at 18 h 32 min

      Je partage totalement le dernier point de Pneumatis..pour une fois qu’un sujet nous rassemble, cathos, musulmans, juifs, il faut quand même que certains en profitent pour taper sur les muslims…et pour parler un peu de réseaux, je vous avouerai que la saturation sur un sujet guette souvent malgré la volonté d’ouverture que l’on peut avoir dans les gens que l’on suit.
      Pour ma part, c’est la guéguerre interne à l’UMP qui a touché le gros lot (et tiens, là aussi parce que c’est l’occasion pour certains de taper sur ceux que l’on considère comme différents, envahissants mais que l’on ne connait surtout pas hein !).
      En un mot, l’équilibre entre l’intérêt porté à l’agora et l’addiction n’est pas évident à trouver…heureusement qu’il y a les réunions, les RV pro et les événements familiaux ou amicaux pour se déconnecter par la force des choses !

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    10. Koz
      15 novembre 2012 at 10 h 17 min

      Et mettre le hola, c’est aussi se donner l’occasion de revenir faire un tour chez ce bon vieux Henry… Salut !

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