Reconduction imminente de votre police d’assurance quinquennale
by Henry le Barde • 16 février 2012 • Débats en vrille, En route vers 2012 • 0 Comments
En France, l’assurance voiture est obligatoire. Vous aurez beau passer chez tous les assureurs, comparer les prix, lire les conditions générales de vente, éplucher les locutions latines, rien n’y fait, il vous faut en choisir un.
Vous le savez bien, au fond, que vous vous faites enfler. L’Etat vous impose de consommer tout un tas de prestations histoire de soutenir tel ou tel secteur pour pas un rond (pour lui). Les diagnostics immobiliers en sont un autre exemple parfait. Le type vous facture quelques centaines d’euros pour deux coups de marteau sur le mur histoire de voir leur épaisseur et vous sort un D pour ne point trop vous décevoir.
Président, c’est pareil. Il en faut un. Depuis qu’on a raccourci le Roi et bouté ses successeurs hors du trône et qu’il faut quelqu’un pour incarner la République. Ca représente des dépenses, à défaut d’investissements, mais un chef de l’Etat est indispensable à la bonne tenue d’un pays. Vous noterez qu’en France, pour justifier son existence et son salaire, il joue aussi au Premier ministre. Et aux ministres aussi, parfois.
Cela déplace le problème, puisque du coup, on récupère un tas de gens qui ne servent plus à rien. Les ministres deviennent à peu près aussi inutiles que les députés. A tel point qu’on pourrait tous les reconvertir en chanoines. L’Etat pourrait prendre exemple sur l’Eglise pour ses ressources humaines : les chanoines, combien en reste-t-il ?
Servir à rien, j’exagère un peu. Ils lancent des débats, tous ces braves gens. Quand on s’embête, on pense. Certains dans le bas peuple ouvrent des blogs.
Mais quand le blogueur moyen, de base (prenez-moi comme exemple, tenez) réfléchit à un sujet, il fait le tri. Si vous saviez ce qui me passe par la tête et que je ne dis pas ! Des horreurs, parfois. J’assume les penser, mais à quoi bon les dire ?
Mais ceux qui sont payés à ne servir à rien n’ont même plus l’envie de prendre leur clavier. Alors ils font des phrases. Ils énoncent des principes, dirait Audiard.
Je donnerais quand même une piécette à celui qui m’expliquera en quoi l’avis de ministres ou de députés sur des considérations historiques concerne ce pour quoi ils sont payés. En quoi l’étalonnage des civilisations ou la question de la déportation réelle ou fictive des homosexuels pendant la Seconde Guerre mondiale relève non seulement de leurs compétences, mais surtout de leur mandat.

Monsieur Naudin, vous faites sans doute autorité en matière de bulldozer, de tracteur et Caterpillar, mais vos opinions sur la musique moderne et sur l'art en général, je vous conseille de ne les utiliser qu'en suppositoires. Voilà ! Et encore, pour enfant.
On m’objectera, concernant M. Vanneste, qu’il est spécialiste de l’homosexualité, ce qui est la moindre des choses puisque la question l’accapare apparemment beaucoup. Chacun ses passions. Il saurait donc de quoi il parle. Aussi ne m’avancerai-je pas à le contredire, d’autant que MM. Rioufol, Zemmour et alli ont depuis appuyé ses propos. Mais est-il bien raisonnable, sous le prétexte fallacieux et inutile de démontrer encore et encore que la liberté d’expression en France est traitée ainsi que beaucoup d’autres libertés en France, c’est-à-dire fort mal, de provoquer sciemment, et la veille de la candidature de son supposé champion, tant de déchaînements de part et d’autre ? Cela n’aura pour effet, comme d’habitude, que de gonfler les « pages vues » du Monde et de Libération, qui aligneront les points de vue de spécialistes et les publications d’études officielles (sic).
Mais, je vous le disais en préambule, nous n’avons pas le choix. Malgré leur utilité relative – vous reconnaîtrez mon travers libéral – les politiques nous sont imposés en nombre, quel que soit notre vote. D’ailleurs, l’assurance politique est tellement obligatoire que le contenu de leur programme tient du mimétisme. Protéger les Français, leur prodiguer un bouclier contre la crise… A croire que leur campagne est financée par Axa, Gan ou MMA.
Alors, puisqu’il me faut choisir un assureur, ma foi, comme beaucoup de consommateurs fainéants, je resterai probablement chez le même prestataire.
Je n’ai certes pas oublié le Fouquet’s, la retraite dans le monastère flottant de Bolloré, l’EPAD, le Ministère de l’intégration et de l’immigration, les Roms, les reniements libéraux, la navigation à vue. Je ne me berce pas d’illusions superflues, mais Dieu merci, je n’en avais pas non plus des tonnes en 2007.
Juste qu’au fond, je ne vois aucun avantage comparatif chez la concurrence. Et, même, de sérieux points noirs.
J’assume, également, un travers psychologique qui m’est propre et qui peut, j’en conviens, obscurcir mon jugement : on tape trop sur Sarko depuis des années pour que le portrait qu’on nous en dresse reste crédible. Et j’aime bien défendre les ambulances. Juste comme ça.