Être sous pseudo… ou ne pas être ? (poke @abbeamar)
by Henry le Barde • 31 janvier 2012 • Débats en vrille • 34 Comments
On fait souvent grand cas de l’anonymat sur Internet. Il est vrai que de triste mémoire, les lettres non-signées nous replongent directement dans les HLPSDNH. Je me souviens même d’une polémique surgie d’un commentaire sur le blog des Sacristains et qui avait dérapé, entre catholiques pourtant tout à fait comme il faut.
Ce marronnier fut remis sur l’ouvrage hier par un tweet de l’abbé Amar qui déchaîna une tempête dans ce verre d’eau que constitue la blogosphère catholique. Certaines réactions ne furent pas exemptes d’agressivité. Afin de m’en désolidariser totalement, tant par le respect inconditionnel que nous devons à nos prêtres et qui me fut transmis par les miens que par ma communion pleine et entière avec l’Eglise catholique, je tiens à préciser les choses ici, dans le calme et en développant un peu. L’abbé Amar a touché une corde sensible chez beaucoup, mais je ne voudrais pas que les sons disparates que produisent ces cordes lui fassent penser qu’il a touché juste partout.
Ne nous y trompons pas, c’est bien une exhortation qu’il nous adresse, assortie de quelques remontrances morales que ne peut cacher son avatar affable. Car pseudonyme ou pas, une bio et une photo avantageuse réduisent nécessairement la communication entre deux personnes.
Et dans mon cas, je me permets de l’avouer en vérité, il y eut blessure, car il y eut soupçon.
C’est ainsi, le monde des catholiques se divise en deux. Ceux qui donnent leur vrai nom. Et ceux qui le taisent. Ceux-ci n’adoptent d’ailleurs que l’anonymat, lui préférant ce néologisme qu’on appelle pseudonymat.
Chacun a ses propres raisons d’adopter l’une ou l’autre des stratégies. Un rien perfide, je dirais même que ses raisons peuvent être bonnes ou mauvaises dans les deux cas.
Je ne m’étendrai pas sur ceux qui font preuve de transparence.
Tout d’abord, qu’est-ce qui peut conduire un blogueur à choisir l’anonymat ? Les raisons sont multiples et je ne présenterai que les miennes. Que les choses soient claires, on ne choisit pas de prendre un pseudo sans mûre réflexion – de même qu’on ne devrait pas non plus jeter son nom en pâture sur Internet inconsidérément.
Dans blogueur catholique, il y a catholique et il y a surtout blogueur. Et mes raisons puisent avant tout leurs justifications dans ce dernier mot.
Quand on parle à quelqu’un sur Internet, on ne lui parle pas. On parle à Internet. Or Internet a une mémoire, Internet classe, trie, cible et nul ne peut savoir que ce donneront les données accumulées sur soi dans quelques années. Des forums de discussion privés sont devenus publics suite à leur rachat par Google, mettant dans l’embarras des jeunes professionnels en raison de leurs propos d’adolescent. C’est donc une mise en garde élémentaire que je ferai à mes enfants quand ils auront l’âge de surfer : jamais votre nom, jamais de photo, excepté un nom et une photo, les plus insipides possibles, pour votre profil. Sur Facebook c’est ma règle.
On me dira : « Mais que t’importe si tu ne dis rien de mal ? » L’argument équivaut à ses caméras qui fleurissent partout dans nos mégapoles et dont les honnêtes gens vous rétorquent qu’elles n’ont rien à craindre du fait de leur conduite irréprochable.
Eh bien, il m’importe, à moi. Ma petite personne et sa tranquillité, j’y tiens, ridiculement peut-être, mais c’est ainsi. Qu’on me resserve un catalogue de ce qui est destiné à rentrer dans l’oubli, au même titre que les boutades joyeusement lâchées dans un bar entre amis, me dérange quelque peu. Que ce soient l’Etat ou des entreprises de la Sillicon Valley m’indiffère. Il y a un droit à l’oubli pour les personnes et pour leurs paroles. Non parce qu’il y a honte, mais parce que, catholique ou pas, il me semble sain de ne pas inscrire sa vie sur des disques durs.
« Oui, mais tu es catho ! » Il n’aura échappé à personne que si je suis catholique et que cette caractéristique irrigue ma personne, mes propos, mes actes et mes écrits, j’ai également un positionnement politique et des prises de position qui sont assumés devant tous, URL et IRL. Mais je trouverais ridicule et dommage qu’on ne commence à me connaître que par ce seul biais.
Par ailleurs, être anonyme sur Twitter, c’est offrir la possibilité à ceux qui le veulent de me connaître, un jour, réellement, en faisant cet effort. Paradoxalement, on ira réellement à la rencontre de l’autre s’il lui reste une part d’inconnu. Pas si on a déjà pu se faire une idée.
Il m’arrive, avec certains pseudos, d’avoir envie d’en savoir plus. D’initier une rencontre autour d’un déjeuner, un café, de les convier à la FASM. Et de les découvrir.
Se poserait également la question du courage.
Le courage d’abord d’assumer ses propos, surtout les plus désobligeants. Je m’estime peu concerné, n’ayant jamais, à ma connaissance, pris à partie qui que ce soit sur Internet. Bien souvent, je ne dis même pas le 1/10e de ce que je pense… Mais sur Internet, sous mon pseudo, la charité l’emporte toujours sur la vérité.
Le courage ensuite d’assumer sa foi. Bon, ça, ça regarde chacun. Personnellement, je ne me cache pas. J’enverrai mes témoins à qui pense le contraire :) Mais il faut comprendre qu’il n’est pas facile pour tous d’assumer sa foi dans notre monde. Les belles paroles sont faciles à dire. Mais quand vous avez une famille à charge, qui dépend de votre boulot, les responsabilités qui vous incombent sont d’une autre nature que simplement tenir un petit blog pour témoigner de votre foi. Donc non, je ne sacrifierai pas tout à mon petit blog confidentiel.
D’ailleurs, la référence aux chrétiens opprimés risque de finir en point Godwin des débats entre chrétiens. Au jeu du courage, on peut assez rapidement aboutir, par une escalade rhétorique peu satisfaisante, à une exhortation à aller tous les défendre sur place.
L’abbé Amar a cité, au cours de sa twit’homélie, deux exemples, deux exceptions, notoirement connues. Qu’il soit établi ici que je les connais de visu, que je les apprécie et qu’il me semble que c’est réciproque, qu’on s’appelle par nos prénoms et, donc, que ce que je dirai ici n’est aucunement une énième bashing émanant d’un blogueur inconnu rempli d’aigreur pour une « star ».
D’abord, depuis quelque temps, nous avons droit à l’exemple réussi de la « sortie de l’ombre » de Koz Toujours. Et dans ce sillage, la cathosphère, comme un seul homme, devrait faire de même.
On peut rappeler, sans rien dévoiler, juste en relisant ses posts, qu’il a semble-t-il fallu 6 ans pour que les conditions lui semblent réunies : début d’indépendance professionnelle – oui, bloguer en étant salarié n’est pas toujours aisé : le problème n’est pas de cacher sa foi, mais de ne pas en rajouter sur le fait, parfois, de rompre l’étanchéité entre boulot et activités privées, ce qui est très bien vu par les patrons quand vous le faites chez vous, mais un peu moins sur les horaires de bureau – et une médiatisation qui rendait sans doute un peu ridicule et illusoire le maintien de son anonymat. Ceci étant dit sans aucunement minimiser le courage qu’il y a à s’exposer aux caméras. Néanmoins, et je lui laisse le soin de me contredire si nécessaire, j’imagine que sa prise de risque fut longuement calculée et conjointement prise avec sa famille.
Si un blogueur catholique doit nécessairement avancer ses civilités avant de légitimement prendre la parole sur Internet, seuls les journalistes, les professions indépendantes et… les prêtres auront droit au chapitre. En outre, les personnes les plus virulentes n’agissent pas toujours sous pseudo. Personnellement, me « cacher » m’impose – mais c’est personnel – de me contenir parce que, oui, je ne me sentirai ni légitime ni fier d’insulter quelqu’un en étant moi-même sous pseudo. Paradoxalement, le pseudonyme me rend moins virulent que je peux l’être dans la vie. C’est une question d’honneur.
Ensuite, deuxième exemple : Edmond Prochain, qui lui, est toujours sous pseudo. Visiblement, l’abbé Amar le sort également du champ de son admonestation : car lui, « ça va, il le connaît ». Je n’ose penser qu’il suffise de connaître personnellement l’abbé Amar pour jouir du droit moral et exceptionnel de bloguer sous pseudo mais je doute que l’ensemble des nombreux lecteurs d’Edmond le connaissent.
Mais si, effectivement, cela peut suffire à sortir de la suspicion, quelques connaissances communes versaillaises, en particulier l’abbé Grosjean et un collègue de travail, pourront attester de mon identité. Et que dans la vraie vie, je me présente avec mon nom, celui que portent mon épouse et mes enfants.
Encore une fois, la question de l’abbé du Padreblog n’est pas dénuée de fondement. Mais jetée ainsi en trois tweets lapidaires, elle m’a personnellement blessé – car son auteur est un prêtre – moi qui suis quand même à l’origine, avec une poignée d’autres, du rassemblement régulier, et au grand jour, d’une bonne quarantaine de blogueurs catholiques voire chrétiens… ou même pas du tout. Peut-être à cette occasion, sera-t-il heureux de me serrer la main… et d’entendre mon nom.
PS : je ne validerai aucun commentaire faisant montre d’une agressivité quelconque envers l’abbé Amar ou l’un des blogueurs présentement cités. Que ceux qui se sentent morveux se mouchent… chez eux.
Très bien mais pas sur. Lorsque saint Justin envoyait des lettres aux empereurs romains pour arrêter la persécution des chrétiens, il ne le faisait pas sous couvert d’un pseudo… Ce qui lui a valu le martyr. E la sainteté.
Or nous sommes presque dans la même situation aujourd’hui : un christianisme des catacombes, une recul quasi-institutionnalisé devant les positions que nous défendons (avortement, mariage gay, etc.), une caricature permanente, bref une sorte de martyr politique.
Quelle est l’idée ? De ne pas avoir peur de ces comportements, et de faire valoir nos idées sans être caché. Révélation, Lumière, etc. Oui nous sommes cathos et nous n’avons pas peur de l’être, cela est une fierté, et nous ennoblit ; il n’y a que comme ça qu’on peut dépasser et sublimer cette gêne permanente.
Cela doit aboutir à quelque chose de concret. Rue de Vaugirard (pas la rue, le blogueur…) proposait sur Twitter une charte des blog cathos. Parce qu’on nous reconnaîtra à l’amour que nous nous portons les uns les autres, et que cet amour est trop inexistant aujourd’hui entre beaucoup, rejetés facilement comme « intégristes » ou autres mots doux. Au-delà de l’anonymat, la franchise d’un amour fraternel.
Sur la charte des blogs cathos, je pense en effet que c’est une piste à explorer. Quelque chose de simple, un « gentleman agreement » définissant une ligne de conduite par rapport aux autres sur le Net. Souvent les débats passionnés peuvent dévier…Cette « autolimitation » mise en avant par une charte permettrait d’éviter ce genre d’incidents.
A voir.
Ma charte en tant qu’humaine, c’est le respect de l’autre. Ce qui inclut que quand je me sens agressée, je ne reste pas dans un débat stérile mais je m’en vais, comme dans la vraie vie où je ne suis pas obligée d’écouter quelqu’un qui ne me respecte pas. Le net est différent et en même temps, très similaire de la réalité.
Je n’ai pas besoin d’une charte des blogs cathos en plus des valeurs que le christianisme que je porte dans mon coeur me demande d’observer et je n’aurai aucune utilité d’un texte « officiel » de plus qui me rappelle l’évidence. D’autant plus s’il est juste pour les cathos. A croire que nous sommes si différents des non cathos (meilleurs ? pire ? les bloggueurs non-cathos ont les mêmes problèmes de dialogue entre eux que nous…), à croire que nous avons besoin de textes en plus de tous les Textes (DDHC, Bible, Pères de l’Eglise) pour nous rappeler d’être « dans les clous » (oublions-nous si vite que toute notre foi était basée sur une responsabilité que chaque catho porte en lui/elle déjà ?… Et quand bien même nous l’oublions, n’avons-nous des éléments constants qui viennent nous le rappeler – la lecture de l’Evangile, re-les Pères de l’Eglise ?…). A croire qu’on a encore besoin d’une « autorité humaine » pour nous rappeler ce que des centaines d’autorité humaine et une divine nous ont déjà dit.
Maintenant si certains ont besoin de cette charte, je souhaite sincèrement qu’elle vous apporte les effets que vous espérez qu’elle peut porter en elle.
Hello !
Je me permettrais même de te donner un autre argument pour le pseudonymat : il peut même y avoir une forme d’humilité à le conserver. Edmond, par exemple, bénéficierait probablement d’une révélation de son vrai nom. Et je connais certains – que je ne nommerai pas, euh – dont ont ne sait pas toujours s’ils mettent en avant la « bonne nouvelle » ou leur personne. J’accepterais d’ailleurs le reproche, que seul le long-terme pourra dissiper ou non (avec cette réserve près que je ne pense pas annoncer l’Evangile mais uniquement témoigner d’un regard catholique).
Je pourrais même dire, rétrospectivement, que mon « coming-out » valide aussi la démarche du pseudonymat. Je pense suffisamment montrer que le fait de bloguer sous mon nom n’a rien changé à mon écriture. Cela signifie aussi que l’on peut bloguer sous pseudo tout en assumant totalement ses propos, et sans abuser du confort de l’anonymat.
Il y a enfin, effectivement, ma situation particulière : lorsque je l’ai fait, l’indépendance était au bout… des vacances.
En outre, il ne faut pas nécessairement évoquer cette notion de courage : il y a bien des blogueuses cuisine qui bloguent sous pseudo. Est-ce parce qu’elles n’osent pas assumer leurs convictions culinaires ?
Le débat est passionnant et complexe.
Je crois que la réflexion proposée par l’abbé Amar est vraiment pertinente. Sans doute était-elle trop catégorique pour vraiment pouvoir toucher.
Il n’empêche, user d’un pseudo est-ce vraiment une prudence nécessaire ? Personnellement, je ne sais pas. Je n’ai pas fait ce choix. Je pensais même qu’il finirait par provoquer des discussions IRL, mais il n’en est rien. Force est de constater que ceux qui ont pu voir ce que je peux écrire ici ou là voient aussi que je fais une distinction entre des engagements privés (notamment sur Internet) et mon travail. Ils ne m’en parlent pas (et pourtant, je sais que certains l’ont vu).
Cela dépend peut être du travail, de notre exposition et aussi de ce que l’on dit (parle-t-on aussi librement sans pseudo ?). Je n’ai pas vraiment d’avis sur le sujet. Mais je trouve salutaire de se poser la question : pourquoi est-ce que j’utilise un pseudonyme ? Et, pour ceux qui comme moi n’ont pas fait ce choix, une question tout aussi dérangeante : pourquoi est-ce que j’utilise mon vrai nom ?
Il reste peut-être, en revanche, dans la foulée du premier tweet de l’abbé que « les hommes de lumière utilisent des armes de lumière ». Il ne faut pas nécessairement le percevoir comme un reproche mais se dire que plus il y a de visages catholiques connus, plus on dissipera l’impression d’effacement et plus le témoignage sera fort.
Parce que l’on peut aussi s’imposer des obligations supplémentaires, et qu’on ne blogue pas au nom de la cuisine…
Vous vous êtes un sage. Sans doute un affect malouin cf photo.
Le point de fond, est bien, exactement comme l’affaire Civitas, qu’on aborde le sujet par ce qu’il n’est pas, c’est à dire un point fondamental.
Les dérapages de chacun sont un vrai sujet -gloire au Barde qui tient sa langue, j’avoue me sentir secoueur de cocotiers également familier de coups de gueule IRL avec ou sans prêtres voire d’évêque, avec le bénéfice IRL du sourire et de l’explication de texte subséquente-.
Mais, au fond, l’anonymat est un sujet creux, exactement comme la réaction Civitas, parce qu’il n’est pas -dans ce cas précis espérons-le- sujet grave de morale, ni certitude absolue d’inefficacité pour le prochain, le sujet, sa famille, son entreprise. Et ce à court moyen et long terme si l’on peut se permettre de penser large.
L’Eglise a la chance d’être protéiforme, d’avoir des taiseux infiltrés et des lutteurs de premier plan, des mous du genoux pour toucher certains et des artilleurs pour d’autres.
Reste simplement que ce concert demeure, sans haine et avec indulgence.
C’est l’avantage d’être chef de boutique, de faire bosser des caractères complémentaires ensemble…
Et je me permets de contre-signer le point de détail sur le « je le connais ».
Et chapelet pour l’abbé sans contrepartie…
@Koz
« En outre, il ne faut pas nécessairement évoquer cette notion de courage : il y a bien des blogueuses cuisine qui bloguent sous pseudo. Est-ce parce qu’elles n’osent pas assumer leurs convictions culinaires ? »
Tu n’imagines pas tous les risques qu’on prend en exposant une recette de kouign-amann…
@Henry
J’avoue être assez fatigué de devoir répéter sans cesse les arguments que tu brandis. En fait, cela montre le risque qu’il y a à généraliser. peut-être que l’Abbé avait en tête un exemple précis qu’il a souhaité dénoncer. Je ne sais pas. je me garderais bien de reprocher quoi que ce soit à ce prêtre que je ne connais pas. Quelque part, je ne suis pas en total désaccord avec lui. Mais il y a en effet mille raisons de blogueur sous pseudo. Personnellement, je n’y avais pas réfléchi au départ, et je serais prêt à blogueur sous mon nom. Je crois que la crainte du fichage, de la mémoire de Google, est peut-être ce qui me retiendrais le plus, en plus du risque lié à mon activité de journaliste : je ne veux pas être assimilé au catho de service, je ne veux pas qu’on dissèque ce que j’écris dans le cadre du boulot à cette lumière là, puisque je ne suis pas dans un organe catholique. Et que quand je suis journaliste, je ne suis pas catholique : je suis journaliste. Avec ses convictions catholiques
Bref!
Tout ça pour dire que t’inquiète, d’ici quelques mois, quelqu’un d’autre écrira la même chose. Il faudra de nouveau répondre. Tant pis, c’est ainsi…
@ Koz
Oui, le tweet de l’abbé Amar est plus fort s’il est un appel qu’un reproche sur des motivations qui seraient nauséabondes. Après, peut-être s’est-il fait clasher par un anonyme ce qui peut justifier cette saillie… donc je me suis gardé de le juger, j’ai surtout voulu lui répondre sur le fond.
Pour moi la question est latente également. Après le but est de savoir si le jeu en vaut la chandelle. Professionnellement, c’est assez difficile… mais pas impossible.
Même si, paradoxalement, « avouer » la pratique assidue du blog avec tout ce que ça comporte en terme de connaissance du web, de ses usages, de ses techniques, serait un atout professionnel. Mais là, j’instrumentaliserai mon blog et les convictions que je défends pour un avantage professionnel… Serait-ce mieux ?
Mais si demain, je prends une carte de parti, que je deviens élu, bref que mon nom veut dire quelque chose, alors oui, j’agirai en conséquence.
@Guillaume
D’ailleurs, parler sur RND sous pseudo me fait parfois un peu bizarre. Comme quoi, ça chemine
Prudence nécessaire, je ne sais pas. En fait, mon rapport à Internet dépasse le strict point de vue du chrétien qui doit témoigner… Après, si mon blog devient notoire et que j’acquiers le statut de personnalité semi-publique, je reconsidérerai la chose
@Vivien
Je ne tais pas le fait d’être chrétien. Je reste discret sur le fait de tenir un blog. C’est une nuance capitale à mes yeux que j’ai soulignée dans le billet.
Mon témoignage de chrétien ne se limite pas à mes activités de blogueur. Dieu merci !
Je ne veux pas monopoliser les commentaires mais notons que j’utilise encore mon pseudo. Mon usage a l’avantage de ne pas archiver mes positions. Parce qu’après, il y a un autre « souci » pratique : que du contenu non bloguesque puisse néanmoins émerger quand on vous googlise.
@ le chafouin
Tu parles du Kouign-amann de Brest, de Vannes ou de Lorient ?
Sinon, nos remarques se sont croisées. Comme on ne suit pas tous les mêmes personnes, peut-être n’a-t-on effectivement pas vu un tweetclash récent… De façon générale, je trouve Twitter un peu tendu ces jours-ci.
@jean duma
Je ne sais pas si je suis un sage. Mais j’aime assez votre remarque sur la diversité des charismes, au fond, qui permet à chacun d’agir en fonction de ses possibilités, de ses moyens, de son actualité… et de toucher, peut-être, des personnes différentes.
Il m’arrive de « troller », en particulier sur des sujets périphériques et liés aux opinions plus qu’aux personnes, comme l’économie, etc. Mais il faut toujours dissocier débat intellectuel sans concession et affrontement d’orgueils exacerbés. Pas facile tous les jours…
Ce qui est assez pénible en France, contrairement à mes expérience anglo-saxonnes, c’est l’impossibilité de clasher sans reprendre pied et d’aller ensemble passer 4 heures en pub pour refaire le monde.
Mémoire de négos ultra-dures au coeur de Londres, d’être traité comme un moins que rien sans intérêt (why are we discussing with you ?), et, ensuite et avec les mêmes, des soirées mémorables et des matins à la barre à mine. Tout çà pour des contrats à l’arrache et des négos à 36 niveaux de discussions…
En France, on a un sacré manche à balai dans le « dos », et, chose étrange, on ne dissocie pas le péché du pécheur, la discussion de la personne, la parole de ce que l’autre peut apporter. Etrange déchristianisation de l’appréhension des personnes, qui ne sont monômes que chez Nietzsche (et là je passe la main à des philos).
Oui, ce qui peut expliquer qu’on a un peu envie de se protéger, en France. Ne pas être jugé à l’aune de ce qu’on a pu écrire ici ou là. Parce qu’on sait pertinemment que les gens ont du mal à faire la part des choses.
Pour troller un peu, cette intolérance se retrouve souvent chez les chantres du multi-tout. Et je ne dis pas ça en l’air. Je connais de l’intérieur les milieux professionnels marqués par le progressisme.
@Koz
Ce serait ridicule ! Il faut voir qu’Internet permet de tout agréger. Un peu comme si, en commençant un rendez-vous avec un client qui vient te consulter, tu lui proposais de commencer par une petite prière. Imagine sa tête
Merci, cher Barde, d’avoir exprimé si posément ce que de nombreuses personnes ont ressenti, même si pour ma part ce ne fut pas une blessure, mais plutôt une surprise. Merci pour l’analyse concernant Koz et Edmond que je ressentais également et qui semble validée par Koz himself.
J’ajouterai une petite chose.
Quand on analyse un acte, traditionnellement on regarde l’acte lui-même, puis les intentions et enfin les circonstances.
L’acte lui-même ne me semble peccamineux. J’ai twitté une boutade sur les pseudos de saint Pierre et de Benoît XVI. Boutade, oui, mais pas seulement… Simon devient Pierre par volonté divine. Joseph devient Benoît par tradition, mais écrit deux ouvrages sous son nom d’origine. Pas une volonté de dissimulation, mais une certaine dissociation, ou même une rupture.
L’intention devient donc essentielle, et seules nos consciences éclairées peuvent discerner sa justesse.
Les circonstances vont déterminer l’utilité ou la futilité du pseudo.
Il ne faut donc pas se tromper d’adversaire : le pseudo est un simple moyen – efficace ou non, justifié ou non – qui s’efface devant la finalité ; et la vraie réflexion doit s’orienter vers cette finalité : parviens-je à apporter mon micro-caillou pour l’édification du Royaume ? ou au contraire, sape-je l’édifice ?
Oui, j’ai twitté la même boutade un peu avant. Elle permettait de détendre l’atmosphère
En revanche, le recours à un pseudo, assez naturel quand on intervient sur Internet, doit s’accompagner d’une nécessaire réflexion – et peut-être d’une clarification vis-à-vis de son lectorat, aussi mince soit-il…
En revanche, je ne veux pas d’une charte de « bonne conduite » qui m’engage. D’abord parce que je refuse une quelconque labélisation catholique par qui que ce soit (et nous rejoignons un autre débat actuel, qu’on peut lire actuellement chez cathorêve). Et ensuite parce qu’une telle charte me semblerait dérisoire pour blogueur catholique qui ne serait déjà pas capable d’appliquer les concepts de charité et de vérité…
Aaargh ! J’avions point vu… on évoquera les grands esprits
Je te rejoins sur la charte et sur la labélisation… moins sur l’existence de blogueurs – cathos ou non – « capables » d’appliquer vérité et charité : plutôt « s’efforçant », non ? On ne parviendra à déjouer les tactiques du diable qu’après notre mort… et là j’ai de la chance j’suis mieux placé !
[mode Troll ON] Faut aussi dire que ton prénom + ton nom ensemble, ça ferait trop long pour le pseudo et ça ne tiendrais pas dans les cases de Twitter ! [mode Troll OFF]
Je rejoins l’ensemble de tes propos, et la prudence accrue à avoir sur Facebook et sur la toile en général. Et je relis pour ma part que j’ai fait le chemin inverse : passer de mon identité publique à l’anonymat :
- Ni par peur, ni par confort, mais d’abord pour mieux distinguer l’enjeu et la vacuité de mes propos selon le réseau social utilisé. (j’ai recloisonné le pro/perso/spi/privé pour mon plus grand bien. ça m’a d’ailleurs fait quitter FB dont je me suis retiré, lassé de ma propre vanité sur ce réseau). J’y ai trouvé une certaine vertu d’humilité, sans renier quoi que ce soit de ma personne et de mes relations.
- Pour ne pas entrer avec une étiquette que la toile t’estampille en moins de tweets qu’il ne faut, que ce soit comme blogueur (que je ne suis plus), comme catho (que je suis, c’est dans ma bio) ou comme trolleur (ou pas! *). Et j’y voit un avantage, en tant que catho, celui de mieux dialoguer, notamment avec des non croyants, qui me découvrent autrement. Mon témoignage comme chrétien est souvent une surprise pour eux, mais ça leur permet de faire tomber bien des préjugés sur la foi.
- J’ai remarqué que du jour où je suis passé sous pseudonymat, j’ai multiplié les rencontres réelles (pas seulement via la FASM), les occasions de dialogue et de témoignage. Et je ne cache pas mon identité pour autant, simplement, par pudeur, je la distille avec l’apprivoisement des personnes et la confiance, et je la maitrise un peu mieux (les emballements médiatiques, très peu pour moi).
Enfin je rebondis sur ton propos : « sur Internet, sous mon pseudo, la charité l’emporte toujours sur la vérité ». Pour moi le pseudonymat m’a permis paradoxalement mieux de faire les deux : être plus charitable et à l’écoute. Et essayer de rendre toujours et d’abord témoignage à la Vérité avant mes petites vérités.
Fraternellement
Emmanuel
* Bon d’accord, je reconnais que je twitte 70% de #LOL et de #WTF… l’ironie est mon vice, je le sais ! :p
Je souscris à 100% à tes paroles. Y compris sur l’aspect léger de, par exemple, Twitter. Avec Twitter, je me laisse balader au gré de mes humeurs. Je trolle, je RT du futile, je débats sérieusement… bref. Je ne suis pas community manager, même avec d’autres, de l’Eglise catholique.
Paradoxalement, je pense que le côté léger de beaucoup de comptes Twitter tenus par des cathos a pu contribuer à la (relative) notoriété de la FASM et amener certains à venir nous rencontrer IRL.
L’idée n’est pas de tomber dans la coolitude un peu démago, mais de montrer que nous sommes libres, entiers, humains au moins autant que d’autres. Et pas des militants à la solde de je ne sais quel offensive catho sur le web.
Une motivation de mon pseudonymat, parmi d’autres : le fait que je n’ai aucun titre, aucune lettre de mission qui légitime mon propos. Mon lecteur, dés lors, n’a d’autre choix que de suivre son jugement, sa conscience, à défaut d’un argument d’autorité.
Deux articles récents m’ont confirme en ce sens :
- le dernier article de Poujol où il pointe l’attention exclusive portée au blogueurs en col romain, à défaut de tout autre : http://www.renepoujol.fr/retour-du-clericalo-centrisme/
- Un commentaire sur l’évangile de dimanche dernier sur le site de TC : « il parlait avec autorité ».. http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Commentaires-spirituels/Faire-autorite/Default-50-3466.xhtml
Tellement anonyme que certains croyaient que tu étais de sexe féminin, à une époque. Comme si seul le sexe faible pouvait tenir un blog aussi profond que le tien
D’ailleurs, le charme du pseudonyme réside dans le désir de la rencontre IRL. Avec la confrontation de ce qu’on imaginait et la réalité. Le décalage ne me semble pas souvent très grand…
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Le décalage ne te semble pas très grand ? Je mesure pourtant ta déception, toi qui espérais voir une blogueuse catho blonde à forte poitrIne !
Non, j’étais prévenu, je savais déjà que la blogueuse affriolante c’était Edmond Prochain (comment ça, mesdemoiselles, déçues ?)
Jean-Paul II a aussi utilisé des pseudonymes quand il écrivait des pièces de théâtre. Les chartreux ne signent jamais de textes sous leur nom mais par la formule « Un chartreux ». Dans ce dernier exemple, c’est au nom de l’humilité…
Le pseudonyme peut se justifier de maintes façon : Sécurité, humilité… Il reste que le « pseudonymat » est différent de « l’anonymat ». Nous ne nous cachons pas, lors de la FASM je me suis présenté aux autres sous mon vrai nom et si quelqu’un veut me rencontrer, il suffit de m’envoyer un « DM » sur twitter ou un message privé sur FB…
Egalement : un pseudo = une personne. Nous ne sommes pas des « Anonymes » qui sont des milliers derrière un seul masque et un seul « non-nom » car ils « ne sont pas une personne, mais une idée ». Nous ne sommes pas de purs esprits et nous ne sommes pas « Légion », mais des hommes libres ayant un « nom de plume ».
Je découvre ce débat sur l’anonymat en remontant le fil à partir de l’idée de « Charte du blogueur catholique » que je relaie sur http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t164p15-les-blogueurs-au-vatican#20698 pour éventuellement en débattre avec « Charles »
…De fait, j’ai moi aussi créé une identité virtuelle, en lien avec mon blog. Une véritable identité, cependant, puisqu’elle demeure la même lorsque je poste des commentaires sur d’autres blogs, ou des messages sur des forums.
Et ce pseudonymat n’est pas une question de manque de courage : je suis tout
simplement un fonctionnaire tenu au devoir de réserve.
J’eusse parfois préféré intervenir sous le couvert de l’anonymat étant donné la rapidité avec laquelle on a classé ma personne et mes propos dans des catégories « nauséabondes » , ce qui peut se retourner contre moi et contre la vie professionnelle. Je suis arrivé naïvement dans le monde des blogueurs cathos en pensant qu’il y aurait un peu plus d’ouverture, de compréhension et de charité. Erreur, et j’y vois se déployer un sectarisme affreux, et on me dit claireent que chacun a sa « sphère » et qu’il vaut mieux rester dans la sienne. Dommage, et triste. Puisque ce petit monde est aussi mauvais que les autres, puisqu’il ne brille pas par son éthique, chacun pour sa peau et chacun défend ses arrières sous le couvert de l’anonymat. Ce que j’aurais du faire depuis le début.
@Vivien Hoch : disons qu’anonyme ou pas, votre ton souvent péremptoire et définitif ne donne pas toujours envie d’engager la discussion.
Pour reprendre le commentaire de @lepetitchose être sur internet n’oblige pas à répondre à l’invective.
Juste pour éclairer, sur le sens de la charité, ce que l’on croit être la base des conversations, le juste ton qu’il est soit-disant impératif de prendre, ou bien, à l’opposé, l’écoute et la charité malgré tout ce que l’on peut penser et croire juste…
Et ce n’est pas de moi…
http://luc1249.wordpress.com/2012/01/11/chestertonisme-4-2/
Justement, c’est pourquoi je milite pour qu’on respecte TOUT le monde, quel qu’il soit et malgré son étrangeté. Et qu’on respecte cela d’autant plus que l’autre s’exprime sous son vrai nom.
en phase, voir ma réponse précédente,
Et nulle question d’anonymat, juste la charité vraie
http://luc1249.wordpress.com/2012/01/11/chestertonisme-4-2/
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